Le sida. Un mot qui aujourd’hui n’effraie plus, en particulier les jeunes. Car en 20 ans, des découvertes et des progrès pour traiter la maladie ont été faits. Grâce aux trithérapies ou aux traitements d’urgence notamment, le sida, s’il ne se guérit toujours pas, peut se soigner et se contrôler.
Dans nos pays, où il y a accès aux traitements, de maladie mortelle, il est devenu une maladie chronique. Revers de la médaille, cette banalisation de la maladie engendre une diminution de la vigilance, entraînant une désinformation de plus en plus importante.
Résultat ? En 2009, la Belgique a battu un triste record avec son nombre le plus élevé de nouvelles infections au VIH : 1.115 personnes ont été infectées, ce qui correspond à 3 nouvelles infections par jour.
“Depuis les années 2000, on assiste à une normalisation de la maladie qui fait que les jeunes ne voient plus le danger, souligne le directeur de la Plate-Forme Prévention Sida, Thierry Martin.
Ils pensent que s’ils sont contaminés, ils devront juste prendre une pilule par jour… et voilà. Si les trithérapies sont extraordinaires dans le sens où elles permettent aux personnes contaminées de continuer à vivre (au prix de nombreux effets secondaires), elles ont aussi banalisé le sida, ouvrant la porte à des comportements à risques de plus en plus importants chez les jeunes. D’où l’importance des campagnes de prévention.”
Ainsi, selon les derniers résultats du rapport sexuel (Godin et al., 2008), presque un jeune sur deux n’utilise pas de préservatif. Le rapport constate également que, alors que les jeunes parlent de sexualité de plus en plus ouvertement, il reste très difficile d’aborder le sujet du préservatif dans un jeune couple.
“Ils ne savent pas comment l’amener, ils craignent que ça ne casse l’ambiance ou gêne, ils ont aussi peur de ce que l’autre va penser, souligne Thierry Martin. Alors on n’en parle pas en espérant que l’autre va le faire.” Pour les aider à parler du préservatif, la Plate-Forme a lancé début juillet la campagne Le préservatif, parlez-en comme vous voulez, mais parlez-en qui a pour but de dédramatiser le préservatif grâce au code K-Potes. “Le but, c’est d’amener les jeunes à parler du préservatif en inventant des codes qui permettent de remplacer les mots qu’on n’ose pas prononcer comme le préservatif.”
Soyons K-Potes ! Ça te dit une banane ? Oui mais avec la peau ! Stop, Popol ne sort jamais sans sa chaussette ! sont quelques-uns des codes K-Potes. Pour inventer vous aussi votre code K-Potes, surfez sur www.preventionsida.org.
(dhnet.be)
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